A table !
"Avant d'avoir des enfants, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants".
La rencontre du vendredi 6 octobre 2006 à Lille portait sur les différences de comportement de nos enfants, qui font que soit la mère, soit le père en arrive à se demander s'ils sont de bons parents.
Le premier sujet qui a spontanément été évoqué portait sur les repas.
- Il ne veut pas manger de "vert" -salade, haricots, courgettes etc...-
Certaines mamans se reconnaissent dans le portrait de celles qui, craignant que l'enfant ne se nourrisse pas correctement, en viennent alors à faire une omelette ou des frites à toute allure. Du moment qu'il mange.
Tout en sachant qu'un enfant ne se laisse jamais mourir de faim, la culpabilité joue sa carte et l'on voit alors des enfants qui très vite mais sans calcul, finissent par décider du menu du jour.
Un papa, séparé, raconte qu'il lui est arrivé de préparer, avec amour, un plat. Voilà qui lui a pris du temps, il en avait envie et en éprouvait une fierté anticipée.
Sauf que l'enfant n'a pas aimé, ou n'a pas voulu goûter.
Il n'y aurait qu'un pas à franchir pour culpabiliser l'enfant : -Quand je pense que j'ai passé une heure à cuisiner... !
Ce papa n'a pas réagi ainsi, mais combien d'entre nous le font ou l'ont fait ?
On peut imaginer que ce sont les parents qui décident du menu du jour, parfois avec en proposant à l'enfant s'il sait parler, mais en gardant à l'esprit que l'alimentation doit être variée et complète.
Ensuite, au moment où l'on passe à table, s'il y a des petits pois-carottes, garder à l'esprit que ce n'est pas l'enfant qui décide, soit lui accorder une position de toute puissance.
Il y a des petits pois carottes, il n'est pas obligé de les manger, mais il n'y aura pas de chantage consistant à se dépêcher de faire un menu particulier.
Ceci vous ferait entrer dans le "Mange pour me faire plaisir" - "Une cuillère pour papa, une autre pour maman".
Les repas ne devraient pas être un champ de bataille. L'enfant mange ou non le repas prévu et s'il ne le mange que partiellement, il finira par avoir de l'appétit le soir.
Au fur et à mesure, nos enfants comprennent alors fort bien que la maison n'est pas, au moment du repas, un restaurant libre service.
Une maman suggère de préparer des plats variés, des couleurs attrayantes. Tous les parents n'ont pas le temps et le don de préparer en permanence une table suggestive.
Mais l'idée en soi est bonne.
Expliquer pourquoi on ne peut pas manger des frites à chaque repas, conserver son choix de menu du jour, ne pas forcer l'enfant.
Un papa s'étonne que si l'enfant n'a pas mangé le menu principal, le dessert lui soit accordé. Oui mais....
Peut-être parce que la nourriture doit rester un plaisir et ne pas devenir un enjeu. Priver l'enfant de dessert s'il n'a pas mangé les petits pois carottes reviendrait à le punir, c'est-à-dire non seulement à le priver de ce qu'il aime, mais de plus à retourner la culpabilité vers l'enfant.
Eduquer un enfant ce n'est pas le soumettre. Mais ce n'est pas non plus lui céder si nous considérons que ce que nous faisons est bon pour lui et non malsain.
On peut considérer, sans passion ni colère, que le repas décidé ne sera pas modifié parce que nous sommes maîtres en notre maison.
Peut-être que demain.... au repas... il y aura... des frites !



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