A l'Araignée Gentille, le matin, les parents ont une marge de deux heures pour venir. Le soir, c'est 3 heures. De 10h30 à 15h30, les portes sont fermées pour permettre au train de faire son voyage. Après 10h30 c'est toujours difficile de raccrocher des wagons.. les activités ont commencé depuis deux heures, l'équipe est difficilement disponible pour faire de l'accueil.
Par contre, les parents peuvent téléphoner autant de fois qu'ils le veulent au cours de la journée.Ils peuvent aussi venir causer.
Les entretiens :
Les parents peuvent aussi, quand le besoin s'en fait sentir, venir dans le bureau parler d'une question plus précise ou sensible. Le fait que la direction ait une formation "psy" peut aider....
C'est ainsi que les couples peuvent trouver une solution à un désaccord, plus ou moins profond, ou que des mamans -ou des papas- peuvent exprimer une anxiété.
Une maman appelle le bureau "la salle des pleurs"..
Un papa a dit aussi : "Le bureau... c'est le lieu des règlements de comptes : la facture du mois comme les conflits d'adultes".
On peut venir dans le bureau pour boire un thé ou un café tout en se posant la question de savoir si l'enfant est mûr pour entrer à l'école maternelle.. Pour se demander s'il faut insister pour qu'il soit propre parce que la grand-mère fait des remarques aigres douces... pour s'inquiéter sur des crises de colères ou des peurs incompréhensibles, etc...
Le bureau est souvent un espace qui peut permettre au couple de régler un problème de fond, qui, au départ, semblait être un souci concernant leur enfant. La plupart du temps, le souci n'est juste qu'un "râté" dans la communication. Et le fait de le poser sur la table le résoud en grande partie.
La plupart du temps, un parent vient pour tenter de comprendre les raisons pour lesquelles son enfant pique des crises, ou se lève la nuit, ou est en opposition constante etc...
Il arrive, en parlant, qu'on s'aperçoive que l'arbre cache la forêt et que l'enfant n'est qu'un symptôme d'un dysfonctionnement, passager la plupart du temps.
Soit le couple diverge sur la manière d'appréhender l'enfant, sur les règles éducatives, et l'enfant tente alors -surtout entre 2 et 4 ans- de se glisser dans les failles, soit les parents ou l'un des deux, a du mal à poser des limites.
Il arrive également que les signes montrés par l'enfant soient l'expression d'un malaise difficile à évoquer ou même à percevoir dans le couple parental. Cela concerne alors davantage le couple d'adultes et leur relation que l'enfant lui-même.
Mais poser des mots aident souvent à y voir plus clair.
Les entretiens ne sont pas une thérapie. Cela ne veut pas dire que les effets, eux, ne soient pas thérapeutiques.
Souvent l'enfant a un comportement à la maison qui perturbe la relation. Il est invité à venir en parler avec la maman et ou le papa. Il se dit des choses très différentes et souvent constructives lorsqu'il y a un tiers qui fait médiation dans la relation.....
Il y a plusieurs années, L'ASE (Aide Sociale à l'Enfance) nous avait demandé d'accueillir une fratrie de quatre enfants, dans une problématique de maltraitance et d'inceste. L'aînée, malgré la législation, ne pouvant s'intégrer aux règles d'une école primaire en raison d'un comportement difficilement gérable, nous avons eu l'idée de faire appel à une institutrice à temps très partiel. Cela valorisait l'enfant, elle pouvait également apprendre à son rythme à se concentrer, à gérer ses angoisses tout en commençant à acquérir quelques rudiments de lecture, d'écriture.
Un matin, l'assistante sociale et l'éducatrice qui suivaient la famille au domicile sont venues pour faire le point. Quelle ne fut pas leur surprise de voir que nous étions dans le bureau, avec la maman des enfants..en train de jouer aux cartes !
C'est que nous avions appris, en bavardant, que la maman n'avait jamais "joué" : aux cartes, à la poupée. Il était grand temps de commencer.
Ceci ne veut pas dire que le problème fondamental de la maltraitance fut traité.
Mais au moins, et par ce travail,parce que c'en est un, il a été possible, peu à peu, de faire comprendre à la maman, qui un jour a été une petite fille, que ses enfants avaient droit de jouer, que le jeu est une nourriture au même titre que le repas du midi et du soir. Et quelques jouets ont pu, enfin, entrer dans le domicile familial.















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